Yves Contassot, candidat aux élections municipales : ‘militer pour réduire les inégalités’

YCAssis sur une vieille banquette de bar, Yves Contassot m’a montré, en 20 minutes, comment voter dans nos élections municipales les 23 et 30 mars peut faire une différence pour nos vies de tous les jours.

Malheureusement, c’est trop tard pour moi : je ne suis pas inscrite sur la liste électorale. Mais, pour mieux comprendre le mystérieux monde politique, j’avais demandé de rencontrer trois candidats des élections du 13ème arrondissement. L’un d’entre eux, M. Contassot, m’a invité dans son local de campagne, un ancien salon de thé rue du Château des Rentiers, transformé grâce à quelques drapeaux et ordinateurs portables. 

(Né en 1950 ; fils de gendarme ; a grandi dans la banlieue parisienne ; a étudié les sciences de l’éducation à l’université Paris- VIII Vincennes ; travaille à la Banque de France ; PACSé)

Europe Ecologie Les Verts vous a désigné tête-de liste dans le 13ème, comme aux élections municipales en 2008. Quels sont vos liens avec cet arrondissement ?  C’est une vieille histoire entre le 13ème et moi. J’y habite depuis 10 ans, j’y ai habité une partie des années 80, et mes grands parents y habitaient il y a 50 ans. Mon fils de 6 ans grandit dans le 13ème, il va à l’école Arago.

Conseiller de Paris depuis 2001, vous étiez adjoint du Maire de Paris chargé de l’environnement de 2001 à 2008. Quelle est l’action dont vous êtes le plus satisfaite ?  L’adoption à l’unanimité d’un Plan Climat au conseil de Paris. Je l’ai proposé en 2003, et en 2007 on l’a voté. C’était un travail de pédagogie, pour les élus qui pensaient que la question du climat était mondiale, et que localement on ne pouvait rien faire.

Une autre réalisation dont je suis très fier, ce sont les jardins partagés. Aujourd’hui il y a 70 jardins dans Paris qui sont gérés directement par des habitants, collectivement. Ce qui permet de mettre en contact des gens qui ne se parlent pas, qui s’ignorent, et donc de retisser le lien social. C’est un très bon outil pour montrer qu’on n’est pas condamné à l’individualisme.

En même temps, vous travaillez à la Banque de France.  Oui, je n’ai jamais voulu arrêter de travailler malgré mes engagements politiques. C’est une question d’indépendance d’esprit. J’ai pris des congés pour la campagne électorale. Par contre, quand on est élu et qu’on n’a pas de travail, le seul objectif, c’est de se faire réélire, à n’importe quel prix. On peut changer de parti, on peut renoncer à toutes ces valeurs, parce que c’est alimentaire…

Vous allez où pour respirer, trouver des bonnes idées… ?  La Seine. C’est un endroit assez extraordinaire où il y a une ambiance particulière, le long des quais, sur les ponts… J’aime vraiment beaucoup.

Si vous aviez plus de temps libre, vous en feriez quoi ?  Ecouter plus de musique…jazz, musique classique. Lire enfin les centaines de livres que j’achète, que je feuillette, et que je n’ai pas le temps de lire. Retourner dans plein de pays… En même temps, je sais que je ne pourrai pas rester sans avoir une activité collective et sociale.

Souvenez-vous d’un moment où vous avez décidé de devenir homme politique ?  Oui, très bien. Tout en travaillant à la Banque de France, j’ai été pendant quelques années responsable syndical. Mais il est venu un moment où j’ai eu des postes de responsabilité, ce qui devenait contradictoire avec une responsabilité syndicale active. Cette dimension collective me manquait complétement. En 1993, je me suis dit, je peux la retrouver en politique. C’est une continuité.

seine

La Seine : ‘une ambiance particulière’

Etiez-vous sur de quel parti vous vouliez représenter ?  Oui, ça ne pouvait pas être ailleurs que chez les écolos. Les autres partis ont une vision du monde qui ne me convient pas – le productivisme, où ce qui compte c’est de produire, sans prendre en compte la dimension sociétale, écologique au niveau de la nature au sens fort. J’ai eu plein de propositions d’autres partis…

Quelles propositions avez-vous faites pour ces jours de haute pollution ?  Interdire la circulation des camions qui ne font que traverser l’Île de France, qui sont responsables d’à peu près 80% de la pollution. Il y a un itinéraire prévu pour cela à plus de 100 km de Paris.

Interdire aux véhicules d’entreprises, par exemple les voitures des directeurs généraux, de circuler. Ces jours-là ils peuvent prendre le métro. Une fois dans leur vie ce sera une bonne chose.

Mettre en place la circulation alternée, des voitures qui se terminent par un chiffre pair ou impair. On divise par deux la circulation, donc on fait baisser la pollution. On a proposé beaucoup de choses simples à faire, mais on nous dit, on ne peut pas… C’est surtout on ne veut pas.

Nos politiques se traduisent très concrètement. Par exemple : les écolos font des piscines sans produits chimiques, qui ne brulent pas les yeux, où on ne respire pas du chlore. On sait traiter différemment la lutte contre la spéculation foncière, en rachetant des immeubles. Et en matière de circulation, les écolos favorisent les transports en commun, les vélos, etc, et pas la voiture.

Quels changements avez vous vu dans le 13ème depuis 2008 ?  Il y a beaucoup plus de pauvreté, on voit de plus en plus de gens dormir dehors. Il y a aussi une sensibilité plus forte aux questions environnementales : mauvaise alimentation, pollution atmosphérique, questions de santé, de plus en plus de gens touchés par des cancers…

Et toutes ces constructions nouvelles ont changé la physionomie du quartier, avec un risque lié à la spéculation immobilière que seuls les gens riches viennent s’installer, à côté des gens pauvres dans des immeubles sociaux. La mixité historique du 13ème risque de se réduire petit à petit.

Voter dans les élections municipales impactera vraiment sur ces problèmes ?  Au niveau local, c’est là où il y a le plus de changement. C’est beaucoup plus facile de mettre en œuvre des politiques au niveau d’une ville ou d’un arrondissement qu’au niveau national… il y a moins de lobbys.

Comment voyez-vous les réponses vertes dans le contexte d’une crise économique ?  Qui subit le plus les injustices environnementales ? : Ceux qui subissent également le plus les injustices sociales. Qui habite dans les endroits les plus pollués ? : Les plus pauvres. Dans le 13ème, on trouve des HLM mal-entretenus là où il y a le plus de pollution, dans la bande entre les boulevards des Maréchaux et le boulevard périphérique.

C’est là où je vais courir ! C’est un scandale : là où il y a les terrains de sport, il y a le plus de pollution. On ne peut pas continuer comme ça.

Quand on nous dit ‘il faut d’abord de la croissance, et l’environnement on verra après’, on répond ‘vous n’avez rien compris !’. La vraie croissance intelligente, ce n’est pas de produire des produits qui sont conçus pour ne durer que très peu de temps. Si on veut régler la question économique il faut créer des emplois utiles, non délocalisables. C’est pourquoi nous proposons la rénovation thermique des bâtiments, qui permet d’employer des gens, de diminuer leurs factures, et en même temps de lutter contre le gaspillage de l’énergie. On joue sur tous les tableaux ; tout le monde est gagnant.

Nous sommes convaincus que notre modèle est globalement cohérent avec l’économique, le social, et l’environnemental. 

Est-ce que vous voulez ajouter quelque chose? Il faut vous inscrire sur la liste électorale. C’est important !

Merci beaucoup. A suivre, après les élections…

Yves Contassot: Son blog ; Ses tweets

Campagne des écologistes du 13ème pour Yves Contassot et Marie Atallah

Les élections municipales vues par Le Monde

Une réflexion sur “Yves Contassot, candidat aux élections municipales : ‘militer pour réduire les inégalités’

  1. Great interview! ‘Par contre, quand on est élu et qu’on n’a pas de travail, le seul objectif, c’est de se faire réélire, à n’importe quel prix. On peut changer de parti, on peut renoncer à toutes ces valeurs, parce que c’est alimentaire…’ True: and as such we risk electing personalities over policy ideas. It would be be good to elect individuals who can bring their valuable professional experience to the job, from a variety of sectors, and whose ultimate goal is not purely to attain and hold onto political power, at whatever the cost. So, more elected representatives who do not define themselves purely on the basis of being elected, but who have a proven track record in fields such as social care, development, environment, planning, finance etc, and who can use their practical insights wisely.

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